Ce que leurs histoires nous disent…

Résultats de recherche de l’initiative Soeurs par l’esprit – Association des femmes autochtones du Canada

Vous trouverez ci-dessous quelques histoires tirées du rapport de recherche réalisé pour la période de 2005 à 2010 par l’association des femmes autochtones du Canada sur le sujet des multiples disparitions restants encore à ce jour inexpliquées de plus de 580 femmes et filles autochtones au Canada (à mars 2010).

Les disparues

Amber

La mère d’Amber croit fermement que le plus grand cadeau du Créateur est le cadeau d’un enfant. À sa naissance, Amber a été nourrie au sein et le lien mère-enfant s’est maintenu pendant qu’elle devenait un bébé potelé. Amber était aussi « la fille à papa », et lorsqu’elle a eu trois ans, son père lui a dessiné et confectionné sa première tenue de danse dans ses couleurs préférées, le mauve et
le rose, et ses parents l’ont emmenée en voyage sur la piste des powwow.

La raison d’être d’Amber ici, sur terre, aura été d’attirer l’attention sur cette question des femmes autochtones disparues et assassinées, parce que la société n’y voyait pas une priorité. Nos communautés doivent être responsables de la sécurité de nos femmes et de nos filles.

Beatrice

Le souvenir qu’on a de Beatrice est celui d’une femme grand-mère chérie et d’une forte femme crie. Beatrice a enseigné à ses petits-enfants à respecter les gens qui passent votre porte; ils sont là pour vous rendre visite, vous devez leur accorder ce temps. On ne lui a pas témoigné dans la mort le même respect qu’elle avait pour ceux qui l’entouraient dans la vie. Beatrice avait la responsabilité principale de sa petite-fille Sharon. Il y avait de l’alcoolisme dans la famille, ce qui pouvait être lié au fait que beaucoup de membres de la famille ont séjourné au pensionnat. Sans la présence de Beatrice pour protéger Sharon de ce traumatisme, la vie de celle-ci s’est mise à se détériorer. Néanmoins, grâce aux valeurs que Beatrice lui avait inculquées, Sharon a eu la capacité de prendre soin de ses frères et soeurs.

Claudette

Quand Claudette riait, elle riait du ventre. Elle avait un grand sourire et un rire contagieux. Elle pouvait faire rire n’importe qui. Elle avait un bon sens de l’humour et sa présence illuminait la pièce
quand elle arrivait. C’était aussi une fille très forte et elle savait se défendre.

Quand la disparition de Claudette a été signalée, son nom n’était parfois même pas mentionné dans les grands titres. Au lieu, sa famille pouvait lire des mots comme « commerce du sexe », « toxicomane » et « Autochtone ». C’était dur pour la famille. C’était difficile de montrer Claudette telle qu’elle est vraiment. C’est une mère. C’est une fille.
C’est une soeur.

Daleen

Les membres de la famille de Daleen voulait avoir des réponses; ils voulaient savoir ce qui était arrivé à la belle femme compatissante et extrovertie qui voulait devenir enseignante, adorait faire rire les autres et se passionnait pour le théâtre et les beaux-arts. Ils voulaient savoir ce qui était arrivé celle qui était leur fille, leur soeur, leur mère, leur épouse et leur amie bien-aimée.

Quand ils se sont adressés pour la première fois à la police, les membres de la famille de Daleen disent qu’ils ont senti qu’on les ignorait, que leur plainte était balayée d’un geste. Mais ils veulent aussi faire savoir que le service de police de Saskatoon et la GRC ont fini par mener une enquête intensive sur la disparition de Daleen. « Sans leur travail acharné, ma fille n’aurait jamais été retrouvée », dit la mère de Daleen.

Danita

Danita avait 18 ans quand elle a eu son premier enfant, une fille appelée Cassidy. Cassidy est vite devenue la passion de sa mère. Malgré le fait qu’elle était aux prises avec la dépendance aux médicaments qui lui avaient été prescrits, Danita était déterminée à retourner à l’école et à trouver un endroit où elle pourrait s’établir avec Cassidy. Elle disait à sa petite fille : « Ce ne sera pas toujours comme ça ». Parce qu’elle voulait tenir sa promesse, Danita est allée dans des centres de traitement pour tenter de se rétablir.

Après deux semaines sans nouvelles de sa fille, Dianne, la mère de Danita, en avait assez de l’inaction de la police. Elle s’est rendue au poste et elle a exigé que la police fasse quelque chose pour retrouver Danita. Il a fallu que Dianne convainque les policiers que sa fille était réellement disparue, qu’elle n’était pas partie faire la fête, comme ils persistaient à l’affirmer. La police a dit: « Donnez-nous du temps ou indiquez-nous où chercher ». Dianne a répliqué : « Je crois que je fais votre travail ».

Debbie

Debbie était simplement Debbie. Elle était têtue et ne voulait pas faire ce qu’on lui disait de faire. En même temps, elle aimait beaucoup aider quand il y avait des activités dans la communauté,
comme des repas communautaires, des bingos, des danses à la salle communautaire et des feux de grève.

Voyant que le rapport de police indiquait à propos de Debbie qu’elle était Autochtone et toxicomane reconnue, la famille croit que les agents jugeaient Debbie d’après des stéréotypes et des préjugés qui ont nui à l’enquête sur sa mort. Laura, la fille de Debbie, croit qu’ils se sont simplement désintéressés d’elle comme d’une Indienne morte de plus. Mais Debbie était une femme, une mère, une soeur, et elle était aimée.

Télécharger le rapport dans son intégralité : Ce que leurs histoires nous disent .Femmes Autochtones

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