Violence faite aux femmes > Questions/Réponses

Mais… l’égalité des femmes est acquise aujourd’hui, n’est-ce pas ?

Bien que les lois et les politiques sociales aient été modifiées en vue d’atténuer l’inégalité entre les femmes et les hommes, les stéréotypes de genre subsistent, génération après génération, en raison des messages au sujet des hommes et des femmes que nous transmettons à nos enfants.

Ces messages sont relayés par les chansons, les publicités, les films, la télévision, les jeux vidéo, ainsi que par les paroles des adultes qui les entourent et les influencent. Les jeunes garçons et les hommes ont souvent davantage de possibilités, de pouvoir et de privilèges, que ce soit dans le monde scolaire, sportif ou professionnel, le système de justice pénale ou dans leurs relations intimes. Certains croient que les hommes sont supérieurs aux femmes à tous les niveaux (intellectuel, social, financier, parental) et qu’ils ont donc le droit – ou du moins la prérogative méritée – d’adopter un comportement violent et dominant pour atteindre et conserver leur position d’autorité et de prestige. L’oppression est appuyée par le statut privilégié associé au genre, à la race, à la religion, à la classe sociale, à l’orientation sexuelle, à l’âge et à l’aptitude physique.

Les femmes sont aussi violentes que les hommes, n’est-ce pas ?

S’il est vrai que certains hommes subissent des actes de violence de la part de leurs partenaires, l’immense majorité des victimes sont des femmes.es, toutes les femmes doivent devenir les égales des hommes et être appréciées et respectées de la même façon par la société.

Selon l’enquête 2006 de Statistique Canada, La violence familiale au Canada : un profil statistique : en 2004, près de 28 000 affaires de violence conjugale ont été signalées à la police, dont 84 % avaient fait des victimes de sexe féminin et 16 %, des victimes de sexe masculin. Les femmes étaient plus susceptibles que les hommes de déclarer avoir été la cible de 10 incidents de violence conjugale ou plus (page 11).

Sur une période de 10 ans, les rapports de police indiquent que les hommes sont beaucoup plus susceptibles que les femmes d’être les auteurs dans les affaires de violence conjugale connues de la police. Ils sont aussi beaucoup plus susceptibles d’agresser leur conjointe à maintes reprises (pages 13-14) :

  • Incidents uniques – 86 % d’hommes contre 14 % de femmes
  • Récidives – 94 % d’hommes contre 6 % de femmes
  • Incidents chroniques – 97 % d’hommes contre 3 % de femmes.

Les femmes sont deux fois plus susceptibles que les hommes d’être blessées par suite de la violence conjugale (page 23). De manière générale, les femmes sont plus susceptibles que les hommes d’être victimes de formes de violence plus graves.

Dans son enquête de 2005, La violence familiale au Canada : un profil statistique, Statistique Canada révélait que les hommes et les femmes étaient victimes de formes de violence conjugale très différentes, et que les répercussions de la violence étaient plus graves pour les femmes que pour les hommes (page 13). L’enquête montrait notamment les faits suivants :

  • Les femmes victimes de violence conjugale sont deux fois plus susceptibles d’être blessées que les hommes.
  • Les femmes sont aussi trois fois plus susceptibles que les hommes de craindre pour leur vie, et deux fois plus susceptibles d’être la cible de plus de 10 incidents de violence conjugale.
  • Les femmes sont trois fois plus susceptibles d’interrompre leurs activités quotidiennes à cause de la violence.
  • Les femmes sont sexuellement agressées par leurs partenaires, ce qui n’est pas le cas pour les hommes.
  • Les femmes victimes de violence au sein d’une relation ont déclaré que la gravité ou la fréquence de la violence avait augmenté après leur séparation, ce qui n’est pas le cas pour les hommes.

Ces données étayent la notion que la violence conjugale envers les femmes est souvent une question de pouvoir et de contrôle; quand une femme met fin à la relation, l’homme sent que son emprise sur sa partenaire est menacée et, par conséquent, la violence envers la femme s’intensifie (page 17). Le même rapport indique que les actes de violence les plus graves dont les hommes déclaraient avoir été victimes consistaient à avoir été poussés, bousculés ou giflés (34 %), ou avoir reçu des coups de pied, avoir été mordus, frappés ou cognés avec un objet (34 %). Dans son rapport annuel de 2005, le Comité d’étude sur les décès dus à la violence familiale indique que, sur les 100 cas étudiés entre 2002 et 2005, les femmes étaient victimes dans 93 % des cas et les hommes, dans 7 % des cas. Les hommes étaient les agresseurs dans 94 % des cas, contre 6 % pour les femmes. Le rapport précise que « les décès dus à la violence familiale ne sont pas des événements exempts de discrimination ».

De quelle manière les femmes usent-elles de violence?

Toute violence, envers qui que ce soit, est inacceptable et ne doit pas être tolérée, qu’elle soit le fait d’un homme ou d’une femme. Seule la violence utilisée pour se protéger soi-même ou protéger ses enfants ou ses animaux domestiques fait exception. En outre, le fait d’avoir un partenaire dominateur et cr generator online violent crée un véritable traumatisme pour la ou les victimes. Les femmes violentées peuvent ainsi devenir agressives et se mettre en colère par réaction au traumatisme qu’elles subissent – ce qui est un signe avertisseur de violence (pour en savoir plus, consultez les documents sur les Signes avertisseurs permettant d’identifier et d’aider les femmes qui risquent de devenir victimes de violence).

Les rapports de recherche et les groupes de défense des droits des femmes reconnaissent en règle générale que l’utilisation de la violence par les femmes est motivée par de nombreuses circonstances, y compris (mais non exclusivement) :

  • La protection de soi-même et de ses proches, comme les enfants et les animaux domestiques (c’est la principale cause des actes de violence)
  • Une réaction violente aux mauvais traitements, au fait d’être dominée et surveillée (dans les cas où la femme est la victime de la violence)
  • Pendant la période de séparation ou la fuite, pour échapper à l’agresseur (peut aussi être une forme de légitime défense)
  • La violence comme moyen de contrôler et de dominer son partenaire (les études montrent que cette forme de violence représente environ 5 % des cas (1.2.3)).
(1) BELKNAP ET MELTON, IN BRIEF: ARE HETEROSEXUAL MEN ALSO VICTIMS OF INTIMATE PARTNER ABUSE? WASHINGTON DC: APPLIED RESEARCH FORUM, NATIONAL ELECTRONIC NETWORK ON VIOLENCE AGAINST WOMEN, NATIONAL RESOURCE CENTER ON DOMESTIC VIOLENCE.(2) MILLER ET MELOY, « WOMEN’S USE OF FORCE », VIOLENCE AGAINST WOMEN, VOLUME 12, N° 1, JANVIER 2006, PP. 89-115.(3) JOHNSON ET LEONE, « THE DIFFERENTIAL EFFECTS OF INTIMATE TERRORISM AND SITUATIONAL COUPLE VIOLENCE: FINDINGS FROM THE NATIONAL VIOLENCE AGAINST WOMEN SURVEY ». JOURNAL OF FAMILY ISSUES, 26(3), 2005, PP. 322-349.

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